Culture

Interview : A2H, rappeur "tout terrain"

Avec quatre albums à son actif, et un cinquième en préparation, cet artiste polyvalent né à Melun et ayant grandi au Mée-sur-Seine s’est forgé une jolie réputation. Sa marque de fabrique ? Un style éclectique et un amour inconditionnel de la scène. Il sera le samedi 16 novembre à l’Escale de Melun, aux côtés de Youssoupha, RK, 404 Billy et Josué pour le concert des Amplifiés.

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Comment le rap est-il entré dans votre vie ?

J’ai grandi avec ma mère qui écoutait déjà beaucoup de musique, du reggae, de la soul, de la variété française, etc. J’ai découvert le rap, notamment NTM et Lunatic, vers 12-13 ans en écoutant Skyrock et Générations. Je me suis reconnu là-dedans. J’ai commencé à rédiger de petits textes, à rapper avec quelques copains du collège. Au lycée, j’ai eu une petite rupture avec ce genre musical, que je trouvais trop négatif, et je me suis tourné vers le reggae, le ragga, le dance-hall. J’étais dans une phase de découverte, de recherche personnelle. C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à apprendre la guitare et la basse, afin de pouvoir m’accompagner. Je chantais, je jouais dans des groupes, et je me suis dit : "Je ferais bien ça de ma vie !" Comme c’est le rap qui m’a donné envie d’écrire et de composer, j’y suis revenu à la fin du lycée. D’ailleurs, j’ai arrêté mes études à 17 ans pour me consacrer à la musique.

Ce sont justement ces influences multiples qui ont façonné votre style...

Oui, ma force, c’est d’être un musicien "tout terrain". J’adore passer d’une ambiance à une autre, c’est hyper enrichissant et cela me correspond. Je n’ai pas d’idées préconçues sur les gens : dans mon entourage, il y a aussi bien des fils de médecin que des gars qui sortent de prison. C’est exactement la même chose dans mon métier, j’attends de voir avant de me forger un avis parce que je pense qu’on a tous à apprendre les uns des autres. C’est mon petit côté hippie !

Comment avez-vous construit votre réussite ?

J’ai travaillé comme un malade ! Je suis un autodidacte. Si j’ai autant de casquettes (musicien, producteur, réalisateur de clips), c’est parce qu’il a fallu que je me débrouille seul. Dans mon parcours, les galères sont devenues des enseignements. Encore aujourd’hui, je ne campe jamais sur mes acquis, chacun de mes projets se situe à un niveau au-dessus du précédent.

J’ai aussi eu la chance de rencontrer Gérard Baste, le chanteur du groupe Svinkels, qui a eu un coup de cœur pour moi en me découvrant au détour d’un morceau. En 2010, il m’a proposé de faire sa première partie sur sa tournée, soit 45 dates à travers toute la France. Avec lui, j’ai eu l’opportunité de jouer dès mes débuts lors de scènes en commun aux côtés de IAM, Peuple de l’Herbe, Israel Vibration, etc. Arriver sur scène devant plus de 5 000 personnes, alors que tu n’es pas attendu, est un défi. Cela signifie qu’il faut convaincre sans passer par le prisme de la notoriété et du buzz, mais seulement en étant performant. Cela a été ultra-formateur.

Le rapport au public est resté essentiel pour vous : vos concerts sont réputés pour être particulièrement interactifs...

Oui, c’est tout juste si un album n’est pas un prétexte pour partir en tournée. Je sais que, sans le public, on n’est personne. Ce qui m’inspire le plus, ce sont les gens. J’ai beaucoup écrit sur la fête, les potes, la drogue, l’amour, les femmes et le sexe. Et quand je vois que mes concerts attirent aussi bien des jeunes de mon âge que des gamins de 15-16 ans, je me dis que j’ai réussi mon pari : avoir écrit des chansons qui ne sont pas uniquement générationnelles mais qui sont ancrées dans une réalité sociétale.

 

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